Certains viticulteurs français découvrent que les meilleures récoltes ne sont pas forcément le fruit des produits chimiques. À Thénac (environ 85 kilomètres à l’est de Bordeaux), François de Conti nous raconte la gestion de sa vigne au naturel, sans produits chimiques.

Les récoltes de son vignoble bio sont maintenant plus abondantes et de meilleure qualité que les vignes conventionnelles. C’est en partie parce que les producteurs de vins naturels ou bio savent repérer un problème sur le terrain avant même qu’il ne se déclare ou ne s’étende. « Je fais attention aux réactions des autres plantes du vignoble, tout comme à l’environnement immédiat, parce que des plantes plus petites et plus vulnérables peuvent montrer des signes de maladie avant la vigne. »Le vigneron parvient ainsi à contrer une épidémie avant même qu’elle n’ait le temps de s’étendre. Cela nécessite une observation fine et des connaissances techniques, et les avantages vont bien au-delà de la suppression des produits chimiques : il est ainsi plus proche de toutes les plantes de son terrain, des taux d’humidité, du sol et de la croissance des vignes. En bref, tout cela l’aide à être un meilleur producteur. Si un traitement s’avère nécessaire, François utilise la phytothérapie en remplacement des mélanges chimiques. Il utilise l’ortie, la prêle et d’autres solutions à base de plantes pour repousser champignons et insectes.

Un vigneron français nous donne les clés de la réussite en bio

La production bio nécessite des connaissances plus techniques et des interventions manuelles alors qu’en conventionnel, on préconise une intervention chimique de masse. C’est la principale différence. « Un producteur bio est dans la vigne tous les jours, à observer, à contrôler et à faire des ajustements. En agriculture conventionnelle, on asperge les plantes et on retourne chez soi pendant 20 jours. » Pour François, la maîtrise des cultures par les produits chimiques est un pâle substitut du travail de l’homme. « Les producteurs qui aspergent leurs vignes règlent leurs problèmes en suivant les conseils du fabricant de pesticides. Les agriculteurs bio explorent eux-mêmes le domaine de la production. » Il n’a d’ailleurs besoin que de la moitié du cuivre autorisé pour les exploitations bio et sa vigne récupère bien plus vite des maladies que ses homologues en agriculture conventionnelle, qui épandent de puissants et dangereux produits chimiques.

Les résultats sont vraiment concrets. François ne mettait autrefois en bouteille que 50% à 60% de son raisin. Il devait vendre le reste à des sociétes de négoce de vin. Depuis qu’il s’est mis au bio, il peut intégrer 80% de sa production à son vin. Cela lui donne un meilleur contrôle du nombre de bouteilles produites et par conséquent de la qualité de son vin et de ses revenus.

François note également un soutien de plus en plus visible des vins naturels et de leurs producteurs. Les vignerons bio français ont déjà formé deux syndicats : l’un pour y trouver une aide technique, s’échanger des idées et des méthodes et l’autre à des fins promotionnelles. L’engouement des consommateurs n’est d’autre part plus considéré comme une simple mode. La demande croit régulièrement depuis une bonne dizaine d’années et s’est désormais mondialisée, avec des exportations particulièrement importantes vers les États-Unis, l’Allemagne, l’Europe du Nord et le Japon.

fotos: earthwine, fullspectrumbiology

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