Les femmes, grandes protagonistes de l’évènement, nous montrent qu’une pêche respectueuse de la mer est encore possible.

 

La 5e édition du festival de la moule Tigri* Slow Fish aura lieu du 8 au 9 décembre à Sidi Bounouar (commune rurale d’Aglou, province de Tiznit, Maroc, située sur le littoral atlantique). L’évènement est organisé par l’Association AMOUD pour le Développement et la Coopération en partenariat avec Slow Food, le Conseil provincial de Tiznit, la commune d’Aglou, l’IRCAM (Institut Royal de la Culture Amazighe) et la Fondation Joud.

L’évènement attire de nombreux curieux depuis 2013 : toutes les familles s’activent et les femmes commencent les préparatifs très en amont pour assurer des quantités de moules suffisantes. Ce sont elles qui les ramassent, les nettoient, les conservent et les cuisinent. C’est un travail aussi fastidieux que dangereux : les femmes pêchent sur les rochers, où elles sont parfois renversées par les vagues ; elles font les allers et retours à pied, chargées de leur seau rempli de moules, qu’elles sont souvent contraintes de vendre à faible prix, au bord de la route.

En cette période de crise des ressources marines (changement climatique, surpêche, croissance démographique), et alors que les mollusques et crustacés sont généralement pêchés sans discernement, l’association AMOUD et le réseau local de Slow Food s’efforcent de sensibiliser la population aux problèmes de la mer et de la pêche par ce festival, qui entend valoriser le travail des pêcheuses (notamment économiquement). Ils s’assurent que les moules consommées lors du festival sont récoltées de manière durable, pour l’environnement comme pour les travailleuses : elles doivent mesurer au moins 6 cm et être brossées sur place pour faire tomber les petites moules et leur donner le temps de pousser en mer ; elles sont également achetées aux pêcheuses à un prix juste.

L’objectif de Tigri Slow Fish est de faire connaître les ressources naturelles, culturelles et environnementales de la province de Tiznit et de développer et valoriser des produits de la mer et promouvoir le tourisme écologique.

Parmi les entités présentes à l’évènement figurent des convivium Slow Food (Tigri et Louz), le SFYN (réseau Slow Food des Jeunes), des coopératives et des communautés Slow Food, dont les Pêcheurs artisanaux et cuisiniers d’Aglou.

L’évènement débutera le samedi à 10 heures par une compétition de lancer de canne à pêche et un concours de châteaux de sable pour les enfants, à la plage Aglou Bay de Sidi Bounouar. À 11 heures, les locaux de l’association Amoud accueilleront une rencontre avec deux anciens pêcheurs artisanaux, Rais Larbi Largou et Rais Mohamed Lamriss. Tous deux parleront de la mer et de ses mutations ; à 15 heures, au même endroit, se tiendra la rencontre des pêcheuses de fruits de mer (Bouzroug en berbère, Sentinelle Slow Food potentielle) avec la participation de Fatima Regragui (coopérative des produits de la mer Douira), Latifa Dibe (référente des pêcheuses de moules de Sidi Bounouar) et les pêcheuses de moules de Sidi Bounouar. À partir de 18 heures, 25 familles de Sidi Bounouar et d’Idoulhian concourront devant un jury pour élire les meilleurs plats à base de Bouzroug. La journée prendra fin à 21 heures par une soirée musicale traditionnelle.

Les évènements du dimanche, commenceront à 10 heures par la table ronde «Plaidoyer des pêcheuses de moules et artisans pêcheurs pour la promotion sociale et la durabilité des ressources halieutiques », avec Yassine Skandrani (Club Bleu Artisanal, Slow Fish – Tunisie), Nazarena Lanza (Slow Food International), Latifa Dibe (porte-parole des pêcheuses de Sidi Bounouar), Nibani Houssine (association Agir), Fatima Regragui (coopérative des produits de la mer Douira) et Abdellah Aarab (Association Amoud, convivium Slow Food Tigri).

À 16 heures, on fêtera le Terra Madre Day sur les stands des communautés locales du réseau Slow Food qui présenteront des plats traditionnels et du poisson durable : tajine de moules, poulpes, bulot, au poisson salé ; badaz (couscous de maïs) de moules, poulpes, bulot, à la tête de maigre ; couscous d’orge aux moules, rapana (bulot de la mer Noire) et escargots de mer ; ahlabba (soupe épaisse au pain rassis) de coquillages, soupe aux fruits de mer (avec sar et étoiles de mer). L’évènement se terminera par la projection du film amazigh Aghrabou (vieux bateau) et un débat en présence du réalisateur et des acteurs.

*Tigri est un terme Amazigh lié à la culture de la mer et notamment à la pêche traditionnelle. Ce terme désigne à la fois la cueillette des fruits de mer qui constituent l’une des principales ressources alimentaires des habitants de la région et la période du mois lunaire dans laquelle elle peut se pratiquer.

 

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