Dominique Archambaud
Présidente Slow Food Bourgogne

Food Use Tech Dijon 3ème édition. J’y étais !

Et Slow Food aussi du coup…

Troisième édition… et pourtant c’est la première fois que je m’y rends.

Pour être plus précise j’y ai été invitée. Invitée à parler de Biodiversité avec mes casquettes de présidente de Slow Food Bourgogne et de coordinatrice du Comité Biodiversité de Slow Food en France.

Pourquoi n’y suis je pas allée avant ? Sans doute avais je quelques a priori, peur d’y trouver des industriels se gargarisant de faire mieux manger les gens tout en formulant des produits aseptisés (dans tous les sens du terme) et bourrés d’additifs. J’ai quelques mauvais souvenirs du dernier congrès Vitagora où je me suis rendue il y a déjà quelques année. Ca c’était il y a 3 ans.

Le thème de la deuxième édition m’avait pourtant interpellée. Si ma mémoire est bonne, la thématique tournait autour des circuits courts. Malheureusement cette année là, Terra Madre et la Food Use Tech se tenaient aux mêmes dates… Entre Terra Madre et la Food Use Tech, mon coeur n’a pas hésité.

Mais au printemps de cette année, j’ai été invitée à participer à cette 3ème édition en tant que speaker pour parler de Slow Food dans une table ronde dont le thème était « Quelles solutions pour repenser notre système alimentaire tout en préservant la biodiversité ? ». Quand on me donne la parole, je la prends et même si je trouvais, de prime abord, que c’était un drôle de mélange des genres, c’était une bonne occasion d’y mettre enfin les pieds !

Quelques mots tout d’abord pour expliquer ce qu’est la FoodTech.

La FoodTech est l’ensemble des entrepreneurs et des startups du domaine alimentaire (de la production au consommateur final) qui innovent sur les produits, la distribution, le marché ou le modèle économique.

En quoi consiste la Food Use Tech ? C’est un événement qui se tient sur 2 jours et qui a 3 objectifs :

  • Permettre aux start-ups, porteurs de projets, investisseurs, entreprises et programmes d’accompagnement / recherche / formation, de découvrir, de créer et de lancer de nouveaux projets, en offrant des initiatives de collaboration uniques, telles que des activités de networking personnalisées, des ateliers, des conférences…
  • Permettre de concrétiser et pouvoir tester les usages de demain sur l’ensemble de la chaine de valeur de l’ecosystème FoodTech, à savoir : la production, la transformation, la distribution et en dernier lieu la consommation.
  • Permettre à l’écosystème FoodTech de gagner en visibilité, notamment à l’international, et d’attirer de nouveaux porteurs de projet.

Je décide d’y passer les 2 jours sans but précis, mais le teasing sur facebook me donne envie de découvrir les startups présentes qui auront l’occasion de pitcher tout au long de la Food Use Tech.

Finalement je passerais les 2 jours dans l’amphithéâtres où se déroulent non stop les tables rondes autour des tendances de l’alimentation de demain. 

Un livre blanc, édité par la FoodTech et téléchargeable, présente les 10 concepts susceptibles de façonner l’alimentation de demain.

Voici les 10 concepts :

  • les protéines alternatives : les protéines végétales, les insectes, les algues,
  • la clean meat : culture de viande à partir de cellules souches (Hum ! ça fait envie – désolée, pas pu m’en empêcher),
  • l’anti-gaspi : pratiques pour protéger l’environnement, emballages comestibles, application de gestion des ressources, l’impression 3D alimentaire (mouai… pas été convaincue par la startup qui en faisait la démonstration)
  • le retail augmenté: expériences particulières lors du processus d’achat
  • la livraison robotisée : livraisons à vélo, par drones ou robots livreurs,
  • les circuits-courts et le collaboratif,
  • les occasions de consommation : lieux multifonctions, nouveaux snacking (healthy) , nouvelles occasions de consommation (brunch, apéritif dînatoire), gain de praticité et de temps (box prête à cuisiner)
  • le retour à l’authenticité (retour au terroir, aux produits de l’enfance)
  • l’alimentation santé (applications pour une alimentation personnalisées),
  • le virtuel : déguster un repas sans manger ?

Tous ne font pas rêver, d’autres ne vont pas dans le sens de l’humain ni de l’éthique, mais force est de constater que la majorité d’entre eux ne sont pas si éloignés du concept d’une alimentation bonne, propre et juste ou plutôt good, clean and fair puisque la FoodTech raffole des anglicismes. En 2 jours j’ai replongé dans le grand bain des jargons que j’avais quitté avec le consulting.

Autour des tables rondes se sont succédés, entrepreneurs(euses), financeurs (ceuses), startupers (euses), restaurateurs (trices), chefs, organismes de sondages, industriels, acteurs (trices) de la grande distribution, bloggeurs(euses), scientifiques, diététicienne/nutritionniste et même des associations ! Bref tout l’écosystème de « la Food » réuni en un même lieu pour parler des orientations actuelles et futures, poussées par les attentes des consommateurs qui veulent des produits plus sains (plus naturels, mieux formulés), plus sûrs grâce à une traçabilité irréprochable ( la question de l’origine des produits), plus accessibles (livraisons, plateformes de ventes en circuit court,…), mais aussi plus respectueux de l’environnement (modes de production, ingrédients, emballages, lutte contre le gaspillage). Là on touche au bon et au propre. Le critère de la justice sociale pointe le bout de son nez… le juste en somme.

Pour ce qui est de la table ronde à laquelle j’ai participé la matin du deuxième jour, j’ai eu le bonheur de la partager avec le fondateur d’Ynsect (fermes verticales d’élevage d’insectes à destination de l’alimentation animale) et avec le directeur de l’UMR Agroécologie de l’INRA. De cette table ronde, je retiens 2 idées mais qui vont dans le même sens :

« Sauver la biodiversité passe par une diversité de moyens »

« 100% d’une bonne idée, c’est une catastrophe »

En me rendant à la Food Use Tech, je n’avais pas d’objectifs particuliers, si ce n’était de parler du mieux possible de Slow Food et de nos actions en faveur de la sauvegarde de la biodiversité (l’Arche du goût, les Sentinelles, l’Alliance des Cuisiniers, le Grand Guide Slow Food des produits du terroir français).

La Food Use Tech, de son côté, a bien tenu ses promesses en terme de networking :

Rendez-vous pris à l’INRA pour parler du projet TIGA (Action Territoires d’Innovation de Grande Ambition du Programme d’Investissements d’Avenir – PIA), et voir si Slow food Bourgogne peut solliciter un support financier et technique pour le projet en cours de la Sentinelle Époisses au lait cru.

Rendez-vous pris avec DECA BFC (incubateur dijonnais) pour étudier un projet de startup personnel.

Une invitation au déjeuner « Impact makers » (https://impactmakers.events/) à Paris à l’issue duquel je ferai certainement un autre article. Merci à Audrey de So Impact.

De nombreux contacts rapidement repris par LinkedIn pour, peut-être, de futures collaborations.

Enfin un public très intéressé par Slow Food : 2 adhésions et 6 guides vendus en moins de 15 min. Nous n’avons jamais eu pareil résultat en tenant un stand (plus jamais ça ! je l’ai promis aux bénévoles de SF Bourgogne et à moi aussi ! ) à diverses manifestations plus ou moins proches de l’univers de Slow Food. Je me dis que finalement, moi aussi j’ai fait le job.

Les dates de la prochaine édition de la Food Use Tech ont été annoncées. Celle-ci ne tombera pas en même temps que Terra Madre et c’est tant mieux car, pour le coup, choisir aurait vraiment été renoncer.

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