La réunion de l’ICCAT (La Commission Internationale pour la Conservation des Thonidés de l’Atlantique) vient de se terminer à Marrakech.

Cette organisation intergouvernementale responsable de la conservation du thon et des espèces apparentées dans l’océan Atlantique et les mers adjacentes, à laquelle adhèrent 51 pays, s’est rassemblée pour redéfinir les quotas de pêche au thon.

Le nouveau total des prises admissibles témoigne d’une pression alarmante de la pêche sur une ressource halieutique encore loin d’être hors de danger. On passe ainsi de 23 655 tonnes en 2017 à plus de 28 000 tonnes pour 2018 et jusqu’à 36 000 tonnes en 2020.

« La décision de la Commission semble davantage dictée par la pression des lobbies de la pêche industrielle, qui ont toujours mal supporté le système des quotas, que par une position de prudence » soutient Silvio Greco, président de la commission scientifique de Slow Fish*.

« Nous sommes face à l’une des plus importantes hausses, de presque 50%, de toute l’existence du système des quotas. Souvenons-nous qu’une coupe drastique dans ces quotas avait été mise en place en 2009, face à l’évidente situation de souffrance des stocks. Aujourd’hui, dans le sillage de plusieurs études rapportant une amélioration de la situation, on oublie que les certitudes sur l’inversion d’une tendance s’obtiennent sur le long terme et qu’il existe encore des désaccords entre les communautés scientifiques sur la réelle résilience des stocks : il est difficile d’arriver à des conclusions fiables concernant une espèce soumise aux migrations, dont les données et les paramètres sur les prises sont souvent partielles et affectées par la pêche illégale.

Pour limiter les dégâts et éviter l’annulation des effets positifs des précédentes limitations, Slow Food demande aux États membres de l’ICCAT d’assigner une partie importante des quotas aux petits pêcheurs recourant aux systèmes de pêche durable et ayant majoritairement souffert des quotas. Il est urgent de redonner de l’oxygène aux acteurs de l’économie des communautés côtières. »

*Slow Fish: pour Slow Food, les petits pêcheurs sont une composante essentielle d’écosystèmes aquatiques fragiles qui doivent être protégés, tout comme la biodiversité des espèces marines. À travers la campagne Slow Fish, Slow Food œuvre à promouvoir la pêche artisanale et les espèces négligées et à inspirer une réflexion sur l’état et la gestion des ressources marines.

Pour tout autre renseignement vous pouvez contacter

Service de presse internationale de Slow Food

Paola Nano, Giulia Capaldi

– Twitter – @SlowFoodPress

Slow Food est une organisation citoyenne internationale qui défend la vision d’un monde où nous avons tous accès à des aliments bénéfiques pour nous-mêmes, pour ceux qui les produisent, mais aussi pour la planète. Slow Food rassemble plus d’un million de militants, des cuisiniers, des experts, des jeunes, des agriculteurs, des pêcheurs et des universitaires dans plus de 160 pays. Parmi eux, environ 100 000 membres de Slow Food sont liés à 1500 initiatives locales à travers le monde. Ils contribuent au réseau aussi bien par le biais de leurs cotisations que par les événements et campagnes qu’ils organisent. Au sein du réseau Slow Food, plus de 2400 communautés alimentaires Terra Madre s’engagent dans la production durable et artisanale d’aliments de qualité, dans le monde entier

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