Parmi les invités de l’évènement, le responsable des productions de Mukono et le contrôleur qualité de l’UCDA (Uganda Coffee Development Authority)…

Slow Food Ouganda organise sa 4e édition du Slow Food Coffee Festival sous le thème Notre café, notre responsabilité, un café de qualité est de la responsabilité de tous. L’évènement se tient le vendredi 30 août sur le site de la Direction générale du canton de Mukono, en collaboration avec la Fondation Slow Food pour la biodiversité.

Dans l’optique de restructurer le secteur du café en Ouganda, le gouvernement vient de rédiger un projet de loi. Son objectif est de permettre à l’autorité nationale de développement du café de réguler, promouvoir et surveiller la filière, tout en régulant les activités sur et hors des exploitations sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Ce projet de loi tend certes à réguler le secteur, mais certaines questions restent encore à débattre avant le vote. Et puisque les petits producteurs sont les principaux acteurs de la filière, ceux-ci doivent être entendus.

« Le Slow Food Coffee Festival 2019 souhaite faire naître entre les acteurs clés de la filière du café des discussions permettant de suggérer des améliorations au projet de loi, et ainsi de faire entendre les petits exploitants, affirme Edward Mukiibi, vice-président de Slow Food International. L’évènement se veut également être une plateforme de défense des intérêts contraignant le gouvernement à entendre les citoyens et à les inclure dans le projet de loi, de manière à ce qu’ils profitent des opportunités qu’offre le secteur du café pour générer des revenus, protéger la biodiversité et l’héritage du café ougandais, ainsi qu’améliorer les moyens d’existence du groupe d’âge le plus vulnérable dans ce pays. »

L’objectif principal de l’évènement est d’assurer la durabilité de la filière traditionnelle du café, en impliquant les actionnaires persuadés du potentiel des variétés autochtones ougandaises à engendrer une activité rémunératrice et la création de richesses pour les communautés cultivatrices.

Le Slow Food Coffee Festival proposera plusieurs activités, notamment :

  • des histoires inspirantes, des récits personnels de start-up et entreprises ougandaises directement ou indirectement liées au café
  • des débats sur la filière et plus spécifiquement sur le projet de loi, mais aussi sur l’engagement des jeunes à entreprendre dans la filière, sur les sous-produits et l’économie circulaire ainsi que les débouchés en cosmétique.
  • des ateliers pédagogiques sur la filière
  • le partage de pratiques agronomiques durables et des dégustations de café
  • des projections de documentaires liés à la production, à la culture ou à l’industrie du café
  • des activités créatives pour les enfants avec des matériaux usagés issus de la production.

Plusieurs interventions sont menées par Slow Food Ouganda dans le but de promouvoir les variétés locales et autochtones de café, améliorer la qualité de la production tout au long de la filière et les moyens d’existence des petits exploitants. Il s’agit ici de leur offrir une visibilité, ainsi qu’un soutien social, technique et marketing, tout en les sensibilisant sur les paramètres de qualité qui permettent d’accroître les revenus des producteurs et d’autres acteurs de la filière. Slow Food a déjà lancé deux Sentinelles pour protéger les variétés autochtones locales de café : le Café Luwero Kisansa et le Café Nyasaland du mont Elgon.

Contexte
L’Ouganda est le premier producteur de café du Commonwealth, le second en Afrique et le septième mondial. Le pays cultive trois types de café, le Robusta, l’Arabica et dans une moindre mesure, le Liberica. La filière représente environ 30 % du revenu total des exportations et son commerce est entièrement libéralisé. Environ 81 % du café ougandais est destiné à la consommation européenne et 14 % est exporté vers le Soudan. Le morcellement important des terres dans les régions productrices a également entrainé une forme de culture principalement artisanale, maintenant la consommation locale ougandaise à un faible niveau. D’autres facteurs tels que les pénuries de main-d’œuvre et une chaîne de valeur relativement faible viennent plomber le secteur.

 

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