Le glyphosate autorisé pour 5 ans

Les lobbies industriels ont encore eu gain de cause : le vote des états membres de l’Union Européenne confirme la reconduction de l’utilisation du glyphosate dans notre agriculture et donc dans nos assiettes pour 5 années supplémentaires.

Nous avons été préparé à cette nouvelle avec la sortie d’une étude américaine qui révèle qu’aucune corrélation entre glyphosate et cancer n’est prouvée. « Aucun lien n’est apparu entre cette substance et toute tumeur solide ou lymphome », concluent les auteurs de l’« Agricultural Health Study » (AHS) [1].

Si la guerre des études contradictoires contribue à semer le doute, les moyens dépensés par Monsanto pour biaiser la position européenne [2] indique surtout que l’enjeu purement commercial et financier prime sur tout.

[1] https://aghealth.nih.gov/
[2] cf article slow food du 25 octobre 2017.

Le glyphosate doit être interdit

Or le glyphosate doit être interdit aussi pour plusieurs raisons :

Pour des raisons démocratiques.

Nicolas Hulot lui-même reconnait l’absence de prise en compte de l’avis des citoyens : « Je suis un peu triste car il y avait une lame de fond citoyenne. ».

Nos représentants sont-ils aujourd’hui à même de représenter la voix de leurs concitoyens qui sont en train de manifester pour un autre monde ?

Pour des raisons agronomiques.

Les alternatives existent depuis longtemps.

La chimie est très récente (depuis les années 1950) et l’agro-écologie offre depuis toujours les solutions nécessaires. En outre, les sols rendus inertes par l’utilisation répétée de produits chimiques sont incapables d’apporter la moindre substance à notre alimentation.

Pour des raisons économiques.

Encourager la recherche pour des alternatives, comme le préconise le premier ministre français, c’est nier le travail mené par les partisans de l’agriculture biologique, de la biodynamie, de la permaculture et de l’agro-foresterie.

Il est temps de cesser ces recherches inutiles et d’orienter les budgets vers une vraie transition pour tous les agriculteurs et nous rendre dignes de notre responsabilité à nous nourrir sans nous empoisonner.

Pour des raisons d’urgence, enfin.

L’impact de notre alimentation sur le changement climatique (30%) nous invite à cesser immédiatement les comportements qui nous ont conduits a cette catastrophe, et qui continuent à dérégler le climat et remettent en cause le droit des générations futures.

Engageons dès maintenant
la vraie transition vers l’agro-écologie !

Le président français Emmanuel Macron a annoncé que le glyphosate devait disparaitre en France dans les trois prochaines années.

Trois années à l’échelle d’une civilisation n’est rien ; alors pourquoi ne pas engager une vraie transition tout de suite ?

Et quid des pesticides dans leur ensemble ? Il ne fait aucun doute qu’en France aussi une vraie bataille aura lieu, surtout depuis l’arrivée des grandes coopératives agro-alimentaires dans la production des produits phytosanitaires. [1]

Ces mauvaises décisions à répétition doivent inciter les citoyens à se mobiliser encore plus pour refuser le diktat de l’industrie sur nos vies. Et à décider pour eux-mêmes à défaut !

Xavier Hamon
Président de l’Alliance Slow Food des cuisiniers

[1] https://www.bastamag.net/Pourquoi-la-FNSEA-est-elle-accro-au-glyphosate

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