Cette troisième édition s’articulait autour de multiples rencontres à la Maison de la poésie, sous la direction d’Olivier Chaudenson. Rencontres littéraires et débats, spectacles, lectures, mais également projection cinéma et lecture dessinée pour le jeune public se sont succédés.

 

Le dialogue inaugural à Sciences Po entre Pierre Rabhi et Carlo Petrini, modéré par Marc Lazar, Directeur du Centre d’Histoire de Sciences Po, a eu lieu au sein de l’amphithéâtre Boutemy, littéralement plein à craquer – plus de 600 personnes, dont une majorité d’étudiants.

Algérien né de parents musulmans dans une oasis du Sahara, Pierre Rabhi a ensuite grandi dans la ville d’Oran et reçu une éducation française. Après avoir émigré à Paris dans les années 1950, il a rejoint l’Ardèche et ses paysages sauvages pour cultiver la terre et élever des chèvres. Celui qu’on considère aujourd’hui comme le père de l’agro-écologie, a voulu commencer le débat en présentant son histoire, basée sur l’assimilation de deux cultures différentes.

« Dans notre société contemporaine, les Hommes, broyés par le système de développement mondialisé, doivent retrouver une capacité de réflexion, s’ouvrir à la diversité. » Grâce à son expérience directe, Rahbi a réussi à changer de paradigme : partir des petites réalités paysannes pour transformer le système de production.

Le changement de paradigme est un des points récurrents de la pensée de Carlo Petrini, appliqué, par exemple, au concept de gastronomie. Ne plus se limiter à une liste de recettes, mais connaître et interpréter, dans une démarche globale, les sciences gastronomiques pour mieux comprendre la planète. Offrir une éducation à l’alimentation signifie réussir à raconter une histoire, un environnement, des aliments, la terre.

Le débat a d’abord pris une direction un peu pessimiste : Pierre Rabhi a décrit la présence humaine comme une véritable catastrophe écologique pour la planète.

« Nous sommes en train de détruire la nature, alors que nous en faisons partie et nous serons les premiers touchés par le désastre qui nous attend. » Carlo Petrini condamne quant à lui le monde de la finance, dont les mécanismes dictent les politiques alimentaires mondiales en assurant des bénéfices énormes à un nombre d’individus restreint.

Selon les deux philosophes et activistes, le seul espoir possible viendrait d’une prise de conscience et d’un engagement dans la lutte politique et culturelle pour changer les choses par la base. En commençant par la défense des biens communs : la terre et l’eau devraient être des biens non marchandables, car ils appartiennent à l’humanité tout entière.

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