Depuis des générations, la population ougandaise reconnaît le rôle primordial des fruits autochtones dans le maintien de la biodiversité et l’amélioration de la nutrition au niveau national. Et pourtant, les fruits importés sont privilégiés, faisant de l’ombre aux productions locales. Les jus issus de ces fruits sont eux aussi boudés, peu à peu remplacés par des produits industriels. Le déclin progressif de leur production et de leur consommation se voit principalement dans les écoles et au sein des communautés. Les fruits comme l’empafu ou le mirandano (fruit de la passion), tous deux à bord de l’Arche du Goût, sont en voie de disparition, causant une augmentation des cas de malnutrition infantile et un appauvrissement de la biodiversité.

Pour apprécier la grande diversité des fruits ougandais, Slow Food Ouganda et le Projet DISCC ont organisé le festival Fruit and Juice Party pour promouvoir les fruits et jus de fruits autochtones et sensibiliser les enfants, les jeunes, les petits agriculteurs et toute la population à leur grande valeur.

La 7e édition de cette grande fête s’est tenue le 15 mars 2019 à l’école primaire Kibirige Memorial de Ngogwe (région de Buikwe), grâce au soutien de Hivos, au sein du projet Food Systems Solution Platform (FSSP) mené dans le cadre du programme Sustainable Diets For All (SD4All). Le festival a rassemblé 665 personnes, dont 14 écoles primaires et secondaires, 3 universités, des représentants politiques de Buikwe et Ngogwe, des organisations de la société civile, 6 communautés nourricières, les médias, des parents et un public issu des communautés voisines. Joyce Nalubega, haute responsable à l’Éducation dans la région de Buikwe, était l’invitée d’honneur.

Le festival Fruit and Juice Party joue un rôle de plateforme permettant à des individus de différents horizons de se rassembler pour discuter. Ensemble, ils réfléchissent aux différentes manières de promouvoir la production et la consommation de fruits autochtones auprès des enfants et des jeunes. Dans son discours, John Kitungulu, le directeur de l’école a enjoint les instituteurs et institutrices à enseigner de manière concrète la culture et la consommation de fruits.

L’évènement a attiré l’attention des médias et permis le partage de connaissances à travers le réseautage, les discours, débats et discussions, ainsi que par la dégustation de vingt-quatre variétés de fruits et onze variétés de jus. Plusieurs activités pédagogiques ont également eu lieu : présentation de fruits et jus de fruits autochtones, débats entre élèves sur les fruits autochtones et transformés, éducation sensorielle, concours de cuisine, dégustations de fruits, visite de jardins et plantation d’arbres fruitiers sur le terrain de l’école.

Joyce Nalubega a prononcé un discours encourageant l’organisation de tels évènements, notamment au niveau local, pour promouvoir les fruits autochtones. Elle a ensuite apporté son soutien officiel aux initiatives d’organisations de la société civiles comme Slow Food Ouganda. « Cet évènement arrive au bon moment, alors même que le gouvernement ougandais cherche des moyens d’augmenter la consommation et la production de fruits dans les écoles et en tant que représentante de la région de Buikwe, je m’assurerai d’exploiter les idées nouvelles issues de cet évènement, pour nous aider à atteindre cet objectif. Les représentants locaux vont fournir des arbres fruitiers aux écoles et nous demanderons, dans un objectif d’écologie, que les organisations de la société civile comme Slow Food Ouganda continuent de sensibiliser ceux qui reçoivent ces arbres pour les planter et en prendre soin. »

Le débat des écoles primaires et secondaires a été l’occasion pour les enfants d’aborder le thème des fruits locaux et de l’agriculture à l’école. Deux grands axes ont ainsi été définis : « L’agriculture est un bienfait pour les écoles » et « Les fruits et jus de fruits autochtones sont meilleurs que les produits industriels. »

Dès la fin de l’évènement, quinze arbres fruitiers (avocatiers, manguiers et orangers) ont été plantés à l’école Kibirige Memorial par chaque école participante. Celles-ci se sont engagées à faire de même sur leur terrain. Chaque école et chaque communauté participante a reçu un certificat de participation, tandis que les meilleurs orateurs se sont vu remettre un diplôme de reconnaissance.

Ce genre d’évènements constitue une étape importante pour influencer la conservation d’une biodiversité ougandaise riche, améliorer la sécurité alimentaire par la sensibilisation et éduquer les jeunes générations à l’ensemble du système alimentaire, en insistant sur les aliments autochtones.

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