Slow Food dénonce depuis presque 30 ans les risques d’un système agroalimentaire intensif et a déjà catalogué 5000 produits à sauvegarder. Le mouvement appelle les gouvernements du monde à ne pas prendre cette étude à la légère.

Un million de plantes et d’animaux disparaîtront prochainement de la surface de la planète et la santé des écosystèmes se détériore plus vite que jamais. C’est un cri d’alarme lancé par les Nations unies, dont la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IBPES) s’est exprimée à Paris le 29 avril, pour rendre publique la fin de trois années de recherches sur l’état actuel de la biodiversité.

« Les grandes institutions mondiales rapportent aujourd’hui une situation dramatique que Slow Food dénonce depuis 30 ans, » explique Carlo Petrini, président du mouvement. « Ces 70 dernières années, l’être humain a détruit les trois quarts de l’agrobiodiversité sélectionnée par les agriculteurs depuis un millénaire. Des sources faisant autorité nous alertent depuis longtemps sur la sixième extinction de masse que nous sommes en train de vivre et, pour la première fois, les humains sont responsables de cette crise écologique mondiale. Le scénario décrit est tragique et la perte d’espèces, de races et d’habitats naturels est d’une gravité sans pareille. Le temps presse, mais nous disposons toutefois d’un outil qui pourrait renverser la situation : notre alimentation quotidienne. En changeant nos choix alimentaires, nous pouvons sauver les sols, l’eau et toute la planète.

Dans l’optique de Slow Food, la biodiversité est une réponse concrète aux urgences et aux difficultés actuelles, telles que le changement climatique. C’est pourquoi le mouvement a catalogué plus de 5000 produits à sauver à bord de son Arche du Goût, lancé plus de 500 Sentinelles (des projets de soutien aux agriculteurs, éleveurs et pêcheurs) et transmis la valeur de la biodiversité à travers ses jardins, réseaux de chefs, évènements et projets pédagogiques.

Il reste encore beaucoup à faire. Il est nécessaire que nous nous préparions consciencieusement à relever ce défi, et il est vital pour les gouvernements, les institutions, les entreprises et la finance, conjointement aux citoyens, de se rassembler sans plus attendre.

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