Qui sont ces inconnus qui représentent le monde de la restauration à l’Elysée ?

Non content d’avoir confisqué la fête de la gastronomie pour servir ses propres intérêts, Alain Ducasse est invité à l’Elysée pour décider du sort de la restauration en compagnie de cols bleus blanc rouge et de tout ce qui compte dans la sphère people de la cuisine.

Qui sont-ils pour nous représenter ?

Ces donneurs de leçons et moralisateurs à leurs heures, sont très éloignés du quotidien des cuisinières et cuisiniers qui n’ont pas attendu la crise sanitaire pour s’engager dans la voie d’une cuisine responsable. Que le CCF, fondé par le gratin de la haute gastronomie se targue de s’engager socialement et écologiquement est une farce, les grandes voix de ce mouvement ont tous croqué dans tout ce qui a fait la déchéance de notre agriculture vivrière, celle qui fait vivre les hommes et les territoires. Sponsorisés, partenaires, associés des grandes marques de l’agro- alimentaire, de la grande distribution et maintenant de certains médias, ils sont les seuls à apparaître dans ces derniers, acquis à la cause de ces annonceurs, décideurs de l’agro- industrie. Pendant qu’ils sauvaient leurs propres affaires, ils ont masqué pendant des décennies la réalité d’un métier qui est incapable de dégager de la trésorerie, de faire bon, propre et juste sans se sacrifier personnellement. Nous souhaitons ici, distinguer les fondateurs du CCF de leurs adhérents qui ont pensé et œuvré de bonne foi en pensant que cette organisation allait aider notre métier.

Le métier était déjà très fragile bien avant la crise pour ces artisans de l’intérêt général, il est même déserté, il manquait 200 000 cuisiniers dans les restaurants en France avant la crise. Nous en connaissons les causes, le corporatisme (et donc l’incapacité à s’ouvrir aux aspirations des nouvelles générations), l’entre soi (la haute gastronomie n’est pas l’Alpha et l’Omega du métier), les violences et la misogynie en cuisine (elles n’ont pas disparues), les bas salaires (qui s’est battu pour redistribuer les gains des filières dont ils touchaient des cachets confortables ?), ), les heures et les rythmes de travail écrasants et jamais remis en question, l’absence de perspectives de carrières pour qui ne souhaite pas vivre son métier comme une guerre fratricide quotidienne. Le résultat de 20 ans de médiatisation est désastreux, la France ne s’est pas remise à cuisiner hors des cercles d’initiés, la malbouffe n’a cessé de progresser en France et Emmanuel Macron, si proche de ces diplomates en veste blanche n’a fait que confirmer son soutien au pire de l’agriculture productiviste le 22 avril dernier en Bretagne. Et pendant ce temps Mac Donald était parmi les premiers à ré-ouvrir des établissements.

Le GNI, et l’UMIH, syndicats professionnels légitimes à l’Elysée sont-ils condamnés à faire de la figuration quand c’est Alain Ducasse qui annonce les dates probables de réouverture des restaurants ? Qui étaient les représentants de salariés, y en avait-il seulement ? Quelles sont les mesures en discussion ? Seront-ils complices de l’application Stop-Covid pour l’accès aux restaurants ? La généralisation de la solution des plats livrés à domicile dédouane-t-elle le métier de sa coresponsabilité dans la précarité des livreurs à vélo ?

Ces « chefs » en veste blanche ne représentent pas les « Artisans Cuisinier.e.s » de France.

Le Conseil d’Administration de l’Alliance Slow Food des Cuisinier.e.s – 27 avril 2020
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