Je vis à Paris et, comme ceux qui vivent dans une grande ville, il m’arrive parfois de faire mes courses dans les grands centres commerciaux. Dans le passé, en errant dans les allées débordantes de produits, je me suis souvent demandée où tous les aliments invendus finissaient, mais je n’ai jamais vraiment approfondi la question, pensant, après tout, que je ne pouvais rien y faire.

Je me suis trompée. C’est à Terra Madre Salon du Goût que j’ai finalement réalisé que non seulement le gaspillage alimentaire est un problème grave pour la planète, mais aussi que j’en suis responsable. Lors d’une conférence, une jeune Chef brésilienne (Regina Tchelly De Araujo Freitas) a décrit l’impact que le gaspillage alimentaire a dans son pays et, en particulier, comment il pourrait être facile de le réduire.

C’est là que je me suis aperçue que je pouvais faire quelque chose avec mes choix quotidiens et avec le réseau Slow Food.

En 2017, en collaboration avec le Convivium Slow Food Bastille et le réseau des jeunes de Slow Food, j’ai rejoint la Journée mondiale des Disco Soupes en organisant, en collaboration avec le mouvement français Disco Soupe, la première grande Disco Soupe à Paris. Ce fut un grand succès. Grâce à l’événement, non seulement nous avons distribué d’énormes quantités de légumes et de fruits encore en excellent état, mais nous avons pu parler avec les Parisiens de l’importance d’être des consommateurs responsables et leur faire comprendre l’impact de chacun d’entre nous sur la santé de la planète.

Le système alimentaire actuel, en fait, exerce une pression inutile et insoutenable sur les ressources naturelles clés. Si nous nous arrêtons un instant pour réfléchir, les producteurs sont obligés de gaspiller leurs productions vivrières, victimes d’un marché qui ne respecte pas les rythmes de la nature et les oblige à forcer les productions, mais qui en même temps engendre du gaspillage et a un impact négatif irréversible sur le sol, le climat et la biodiversité.

La tendance doit être totalement inversée. Le vrai changement doit venir de nous tous : le choix de chaque consommateur peut influencer le marché et, par conséquent, l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.

Avec le réseau des jeunes de Slow Food, je suis en train de diffuser quelques bonnes pratiques faciles à adopter pour faire un petit pas vers un avenir meilleur. La réduction des déchets alimentaires et un style différent à table peuvent contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à améliorer la situation afin de limiter les changements climatiques. Si nous achetons tous des produits saisonniers, en petites quantités et de producteurs locaux, nous éviterons l’excédent et le gaspillage alimentaire qui en résulte, ce qui réduit également les impacts environnementaux de l’agriculture, économise les ressources utilisées dans la production alimentaire et améliore la sécurité alimentaire aux niveaux local, régional et mondial.

Parfois, le manque évident de planification dans nos achats, trop souvent orientés vers de grandes quantités, avec des réactions excessives à l’étiquette « à consommer avant le… », s’unissent aux normes de qualité excessives, principalement esthétiques, et nous empêchent de penser que même nos consommations ont un impact sur la santé de la planète et que nos choix peuvent aider à réduire les changements climatiques.

Mettons sur la table un avenir meilleur!

Valentine Chevrier

#SlowFood #MenuForChange #EatLocal

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