Le 1er juin, à l’occasion de la première marche contre les OGM au Burkina Faso, le nouveau documentaire du cinéaste Iara Lee, Burkinabè Bounty, sera présenté au public.

En présentant des agriculteurs militants, des étudiants, des artistes et des leaders du mouvement Slow Food, le film montre comment le peuple burkinabé réhabilite ses terres et défend ses traditions contre l’empiètement de l’agro-industrie.

La cinéaste, Iara Lee, est une activiste et fondatrice/directrice du Cultures of Resistance Network, une organisation qui promeut la solidarité mondiale et soutient les agitateurs, les éducateurs, les agriculteurs et les artistes pour construire un monde plus juste et plus pacifique grâce à la résistance créative et à l’action non violente !

Iara a aussi réalisé et produit plusieurs longs métrages documentaires et des douzaines de courts métrages au cours de la dernière décennie, et a remporté de nombreux prix. La cinéaste, impliqué dans Slow Food depuis 2004, a notamment soutenu le projet “10 000 jardins en Afrique” et suit de près les activités sur le continent. Suite aux insurrections de 2014 au Burkina Faso, Iara Lee a voulu suivre l’activisme du réseau Slow Food sur ces territoires au nom de la souveraineté alimentaire. De son voyage en octobre 2016, deux films sont nés : Burkinabè Rising, qui présente les mouvements de résistance au Burkina Faso, et Burkinabè Bounty, qui sortira fin mai 2018.

A propos de ce deuxième film, Iara a répondu à quelques questions de notre rédaction.

Quel est votre lien avec Slow Food ?

Je soutiens Slow Food depuis plus d’une décennie. En particulier, ma fondation, le Cultures of Resistance Network, s’intéresse depuis longtemps aux mouvements de Slow Food en Afrique. Souvent, quand les gens pensent à Slow Food, ils pensent aux gens des pays riches qui apprécient des repas élaborés dans des restaurants coûteux. Mais le travail de Slow Food en Afrique a montré qu’il s’agit vraiment d’un mouvement local issu des communautés. Slow Food, c’est lutter pour la souveraineté alimentaire, défendre les traditions alimentaires locales, repousser l’agriculture industrielle et adopter un point de vue agroécologique. Pour moi, le mouvement Slow Food est un bel exemple de travail en cours dans les pays du Sud, qui a vraiment le pouvoir de réorienter notre façon de penser ces sujets.

Pourquoi avez-vous décidé de faire un film sur le Burkina Faso ?

Au Burkina Faso, le mouvement de résistance alimentaire est incroyablement dynamique et fort. Il s’oppose à l’abus de l’agriculture industrielle et, au lieu de se rendre, ils présentent des alternatives vivantes – une façon différente de cultiver la nourriture et de nourrir leurs communautés. Cela me donne l’espoir que les gens dans d’autres parties du monde suivront l’exemple du mouvement burkinabè et commenceront à utiliser l’art pour promouvoir l’agroécologie, la justice et la souveraineté alimentaire dans leur propre pays. Burkinabè Bounty est le deuxième film que je fais sur le Burkina Faso. Je viens de sortir un autre film intitulé Burkinabè Rising qui traite de l’art et de la résistance créative qui ont émergé suite au soulèvement populaire de 2014, et qui a permis de déloger un dictateur au pouvoir depuis 27 ans. C’est une histoire puissante qui, à mon avis, peut porter des enseignements à tous ceux qui luttent pour une véritable démocratie partout dans le monde. Je voulais faire ce deuxième film parce qu’il était clair pour moi que la nourriture est une partie importante de cette même culture de résistance. C’est un aspect de cette lutte qui mérite toute son attention.

Qu’avez vous trouvé auprès des communautés du réseau Slow Food ?

Des femmes qui gagnent leur indépendance économique en vendant de la bière artisanale “dolo”, aux jeunes qui protestent dans les rues contre des multinationales comme Monsanto, aux musiciens hip-hop qui créent leurs propres fermes et font revivre l’esprit révolutionnaire de Thomas Sankara à travers leur musique, Burkinabè Bounty montre les tactiques créatives que les communautés utilisent pour reprendre le contrôle de leur nourriture, de leurs semences et de leur avenir. Les agriculteurs burkinabè présentés dans le documentaire croient fermement que l’agroécologie peut nourrir le monde et permettre aux gens de vivre dans la santé et la dignité.

Pour en savoir plus sur les jardins au Burkina Faso, cliquez ici

En savoir plus sur les communautés du Burkina Faso, cliquez ici

 

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